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| Nocturnes du Ramadan: projection du film polonais “Les charmeurs innocents” d’Andrzej Wajda |
Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) de Rabat a abrité, mardi soir - 3 mars -, la projection du film “Les charmeurs innocents” (Niewinni czarodzieje) du grand réalisateur polonais Andrzej Wajda, dans le cadre du programme “Nocturnes du Ramadan” (24 février-17 mars).
Fruit d’une collaboration entre la Fondation nationale des Musées et l’Ambassade de Pologne au Maroc, ce programme invite le public à prolonger la magie des soirées du mois sacré par des découvertes artistiques et culturelles, dans un cadre propice au dialogue et au partage.
Sorti en 1960, “Les Charmeurs Innocents” rompt avec les thématiques de guerre chères à Wajda pour explorer le désenchantement et la quête de liberté d’une jeunesse urbaine, portée par le jazz et une soif d’existentialisme.
Loin des décombres de la guerre et des sacrifices héroïques, ce chef-d’œuvre s’immerge dans l’effervescence urbaine de Varsovie pour raconter la rencontre fortuite entre Bazyli, un jeune médecin adepte de jazz, et Pelagia, une femme pleine d’esprit croisée un soir de concert.
Caractérisé par la musique envoûtante de Krzysztof Komeda et un scénario co-écrit par Jerzy Skolimowski, ce film (83min) est considéré comme l’une des œuvres les plus singulières et modernes d’Andrzej Wajda, qui avait reçu un Oscar d’honneur en 2000 en guise d’hommage à ses plus de cinquante ans de création cinématographique durant lesquels il a su porter à l’écran, avec une force visuelle rare, les tourments, les luttes et les espoirs de la nation polonaise.
S’exprimant à l’ouverture de cette soirée cinéphile, le ministre-conseiller à l’ambassade de Pologne au Maroc, Zbigniew Chmura, a mis en exergue la portée historique et la richesse artistique de l’œuvre d’Andrzej Wajda, figure emblématique du 7e art polonais.
Le diplomate a souligné que cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du programme “Nocturnes du Ramadan”, offre au public de la capitale une fenêtre privilégiée sur le patrimoine cinématographique d’Europe de l’Est.
La projection de cette œuvre, qui dresse un portrait subtil de la jeunesse polonaise des années 60 en quête de liberté et de modernité, a été suivie d’un riche débat modéré par le réalisateur marocain, Abdelilah Zirat.
Lors de son intervention, M. Zirat a brillamment décortiqué les choix esthétiques, thématiques et narratifs du cinéaste polonais, mettant en lumière la rupture stylistique que ce film a représentée dans la carrière de Wajda, passant des fresques historiques liées à la guerre à une chronique intimiste aux accents de la “Nouvelle Vague”, tout en s’attardant sur la psychologie des personnages et la force des dialogues.
L’échange interactif qui a suivi a permis d’engager une réflexion profonde avec un parterre de cinéphiles, de critiques d’art et d’acteurs de la scène culturelle marocaine.
Les discussions ont notamment porté sur l’universalité des thèmes abordés par le film et l’influence de Wajda sur le cinéma mondial.
Cet événement culturel confirme, une nouvelle fois, l’engagement du MMVI à s’ériger en véritable carrefour de rayonnement artistique et d’ouverture sur les cultures du monde.

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